Dossier SBLU
Synthèse du groupe de travail « tests » Mai 2003

Article paru dans les Cahiers de la SBLU (2003), n°14, 10-15.

Les listes limitatives sont issues du groupe de travail « test ». Ce groupe de travail a pourtant d’autres objectifs que la seule sélection de listes limitatives. Pour mieux comprendre les enjeux et les objectifs de ce groupe de travail,  nous publions ici le document de synthèse de ce groupe tel qu’il était en mai 2003.

 

Membres du groupe de travail :

- Mutualités

- Logopèdes : VVL et UPLF

- Experts (logopèdes et statisticien)

 

1. Contexte:

La nomenclature actuellement en vigueur prévoit que pour les troubles du développement du langage et les troubles spécifiques d’apprentissage, l’intervention de l’Assurance-Maladie soit tributaire de résultats à des tests. La nouvelle nomenclature prévoit l’existence d’une liste limitative de tests. Les médecins-conseils souhaitent obtenir cette liste limitative de tests au plus tôt et si possible dès la mise en application de la nouvelle nomenclature.

2. Critères diagnostiques et bilan multifactoriel :

Les experts du groupe de travail s’accordent pour dire que dans les troubles du développement du langage et les troubles spécifiques d’apprentissage (dyslexie-dysorthographie, dyscalculie), plusieurs facteurs doivent entrer en ligne de compte lors de l’élaboration d’un bilan pour établir un diagnostic précis et proposer un plan thérapeutique adapté. Déterminer un trouble sur base d’une seule épreuve, comporte des risques d’erreurs: il est plus fiable de se baser sur plusieurs aspects reliés entre eux. C’est la combinaison de différents paramètres qui détermine la pathologie : le bilan doit donc être multifactoriel (ceci se fait dans beaucoup de domaines médicaux ; comme par exemple le calcul de l’indice d’obésité).

 

3. Objectifs du groupe de travail :

Le texte de la nouvelle nomenclature étant arrêté, le groupe de travail se fixe des objectifs à court et à long terme.

- Objectifs à court terme :

o Au niveau de la qualité : proposer un certain nombre de recommandations pour l’élaboration du bilan des troubles du développement du langage et des troubles spécifiques de l’apprentissage.

o Au niveau pratique : proposer un tableau reprenant les différents domaines à contrôler en fonction de la pathologie.

o Proposer une liste de tests pour chaque pathologie :

§ Troubles du développement du langage

§ Dyslexie

§ Dysorthographie

§ Dyscalculie

 

- Objectifs à long terme :

o Redéfinir la démarche diagnostique pour chaque trouble en fonction des critères scientifiques ;

o Si nécessaire, redéfinir les troubles et les critères d’accès au remboursement pour ces troubles ;

o Déterminer des critères de sélection des tests.

 

4. Principes retenus :

 

4.1. Pondération :

Dans les batteries, certaines épreuves ont moins de « poids » que d’autres ; il appartient aux experts de déterminer le poids des épreuves et le cas échéant de ne pas retenir certaines épreuves ; c’est ce qui a été fait dans la liste en français.

En néerlandais, les tests sont très spécifiques : il n’a pas été jugé nécessaire de faire une sélection au niveau des subtests. De plus, les batteries existent uniquement pour le langage oral.

 

4.2. Souplesse linguistique :

Le français et le néerlandais sont des langues d’origine différente et dès lors de conception différente.

Le groupe de travail recommande que l’on tienne compte avec souplesse des spécificités de chacune des deux langues, par exemple:

- en français, on parle de la morphosyntaxe

- en néerlandais, la morphologie et la syntaxe sont clairement différenciées.

 

4.3. Caractère évolutif :

La liste de tests doit être dynamique (évolutive) : les experts doivent garder la possibilité d’insérer de nouveaux outils diagnostiques et en d’en supprimer d’autres.

 

4.4. Critères de sélection :

Nos choix se sont portés vers des instruments de mesure récents, validés de manière objective et ayant fait l’objet de publication.

 

5. Paramètres à examiner en fonction des pathologies:

Tous les termes spécifiques sont systématiquement traduits

en néerlandais

5.1. Langage oral (mondelingetaal):

Versant productif

Versant réceptif

FORME / VORM

Phonologie

Morphologie

Syntaxe

Phonologie

Morphologie

Syntaxe

ACCES AU SENS/ INHOUD

Lexique

Sémantique

Lexique

Sémantique

Le groupe de travail recommande en outre que le bilan inclue :

- une évaluation de la pragmatique (dès que le niveau de l’enfant le permet)

- une évaluation de la mémoire verbale (à partir de l’âge de 4 ans)

néanmoins, ces deux domaines n’entrent pas en ligne de compte dans la cotation.

 

5.2. Langage écrit : Lecture / Lezen et Orthographe/ Schrijven:

lettre

letter

graphème

grafeem

phonème

foneem

mot/pseudo-mot

woord/pseudowoord

phrase

zin

texte

tekst

Le groupe de travail recommande en outre que le bilan inclue :

- une évaluation de la métaphonologie (analyse segmentale de la parole, conscience phonologique, mémoire phonologique de travail) /auditieve functies

Les recherches sur la métaphonologie mettent en évidence :

- que la lecture implique la maîtrise de capacités métaphonologiques ((principe du code alphabétique) ;

- que certaines de ces capacités, en particulier la conscience phonémique ne se développent pas spontanément.

Mais à ce stade de la recherche, l’hypothèse qu’un déficit métaphonologique entraîne systématiquement un déficit en lecture n’est pas vérifiée. La métaphonologie ne sera donc pas retenue comme critère de diagnostic mais elle entrera en ligne de compte lors de l’établissement du plan thérapeutique.

Notons enfin que le groupe de travail ne retient pas l’orthographe grammaticale dans les critères de sélection.

 

5.3. Calcul :

opérations logiques

rekenvoorwaarden

procédures

rekenproces

rappel de faits arithmétiques

automatisatie

compréhension du système numérique

getalkennis

problème

vraagstukken

Le groupe de travail recommande en outre que le bilan inclue :

- une évaluation :

o de la mémoire de travail/werkgeheugen

 

6. Bilan réalisé en milieu d’année :

La plupart des tests flamands comportent un étalonnage de milieu d’année et un étalonnage de fin d’année scolaire. Ce n’est pas le cas des tests francophones.

 

Sous la supervision d’un professeur de statistiques à l’université de Anvers, une vérification de la progression des résultats par année scolaire a été effectuée pour les tests proposés dans la liste francophone. Les courbes étant linéaires, il n’y a pas d’objection scientifique à calculer la moyenne et l’écart-type pour le milieu de l’année scolaire.

 

Exemple : ECHAS-C Langage écrit :

 

7. Troubles spécifiques d’apprentissage : Année de retard ou percentile 3 / -2 s?

 

Après un examen approfondi des courbes d’étalonnage des tests dans les deux langues, le groupe de travail a établi le constat suivant :

Pour certains tests, (néerlandophones et francophones), la norme –2 s correspond à une année de retard (pour la tranche d’âge de 7 à 9 ans) et à deux années de retard ((pour la tranche d’âge de 10 à 14 ans)

Pour d’autres tests, la norme –2 s est largement plus sévère que la norme « année(s) de retard ».

Pour un même test, on peut observer des variations selon le niveau d’âge, mais dans tous les cas, la note de –2 s est inférieure ou égale à la norme « année(s) de retard »

 

Exemple : ECHAS-C compréhension écrite

D’un point de vue statistique, cela nous permet d’affirmer que lorsqu'un sujet présente des résultats inférieurs ou égaux au percentile 3 (ou –2 s), il répond de toute évidence aux critères en vigueur dans la nomenclature. Il n’y a donc pas lieu de refuser un dossier démontrant une note inférieur ou égale au percentile 3.

 

Pour le groupe de travail test,

Pascale Grevesse & Martine Van Rompaey

 

Ce texte est une version de travail qui reflète l’état d’avancement de ce dossier à ce stade. Il devra encore être modifié et affiné lors de séances de travail ultérieures. On note, par exemple, que certaines questions sont soulevées (cf. point 7) sans faire, pour l’instant, l’objet de consensus. Le document tel qu’il est actuellement ne permet donc pas de tirer des conclusions définitives mais il nous permet de comprendre les orientations adoptées par ce groupe de travail, notamment à la lecture des objectifs poursuivis. A suivre donc, dans de prochains Cahiers.