Nouvelles Epreuves pour l’Examen du Langage (N-EEL)

Claude Chevrié-Muller & Monique Plaza (2001)

Les Editions du Centre de Psychologie Appliquée. Distribué par TEMA.

 

Cette présentation a été publiée dans les Cahiers de la SBLU, 2002, 11, 33-36.

Article de Mouna Elbouz & Patricia Lion.

 

Les Nouvelles Epreuves pour l’Examen du Langage (N-EEL) sont une révision de la première édition des Epreuves pour l’Examen du Langage (EEL) de Chevrié-Muller (1975). La construction de cette nouvelle batterie est le fruit d’une période d’accroissement des connaissances en linguistique et de progrès au niveau de l’évaluation et du diagnostic.

 

Dans l’élaboration de la N-EEL, les auteurs ont procédé à des révisions et des changements. En effet, il était nécessaire de tenir compte de l’évolution de la langue et de réadapter certains contenus devenus désuets ainsi que de revoir l’étalonnage. Tout d’abord au niveau du contenu, deux domaines importants ont été complétés : les capacités métaphonologiques ainsi que la morphosyntaxe sur les deux versants compréhension et production ; et deux autres composantes formelles du langage (phonologie et lexique) ont été l’objet de précisions. Ensuite, l’étalonnage a été réactualisé sur une population de 541 enfants âgés de 3 ans 7 mois à 8 ans 7 mois et fréquentant des écoles maternelles et élémentaires au cours des années 1998-1999 et 1999-2000.

Les sous-tests constituant la N-EEL ont pour objectif d’explorer les différentes composantes du langage ainsi que des capacités intervenant au cours du développement du langage oral et lors de l’apprentissage du langage écrit. En ce qui concerne les aspects formels du langage, deux axes sont envisagés. Le premier examine les versants expression et compréhension alors que le deuxième explore les composantes telles que la phonologie, le lexique et la morphosyntaxe. A côté de ces aspects formels, une capacité métalinguistique fait aussi l’objet d’une évaluation : la métaphonologie. Les aspects cognitifs sont également abordés à travers les composantes sémantique et pragmatique. Les auteurs distinguent les capacités cognitives spécifiques (capacités mnésiques) et les capacités cognitives générales (capacités de raisonnement).

Deux formes sont déterminées : la forme P destinée aux enfants les plus jeunes (de 3 ans 7 mois et 6 ans 6 mois) et la forme G pour les enfants plus âgés (de 6 ans 6 mois à 8 ans 7 mois). Certains sous-tests sont communs aux deux formes tandis que d’autres sont propres à l’une ou l’autre des deux formes.

Les différentes composantes évaluées sont : la phonologie, l’expression (lexique – morphosyntaxe), la compréhension (lexique – morphosyntaxe), la mémoire et les capacités cognitives – opérations concrètes. Voici donc une brève description des différentes sous-épreuves de la N-EEL.

Sous-épreuves

Objectifs

Phonologie

1. Phonologie et articulation : dénomination et

répétition.

Evaluer la réalisation articulatoire du paradigme consonantique et explorer les semi-voyelles et les associations de consonnes.

2. Phonologie et mémoire :

répétition de mots peu

fréquents.

Evaluer la capacité de l’enfant à répéter des mots plurisyllabiques qui ne font pas partie de son lexique interne.

5. Conscience phonologique :

- sensibilité phonologique

- traitement métaphonologique

Evaluer la capacité à discriminer dans les mots certaines unités phonologiques (rimes, syllabes, voyelles).

Explorer la capacité à isoler et à manipuler les phonèmes.

 

Expression

(lexique & MS)

11. Expression – vocabulaire : dénomination

Evaluer la richesse du lexique actif – sonder le stock lexical

10.A Expression – mots abstraits : production de mots - cibles

Evaluer la production de substantifs correspondant à des concepts abstraits (nombre, couleur, forme, taille).

6. Expression – morphosyntaxe : phrases à

compléter

 

Evaluer la capacité à former les flexions du verbe d’une part pour la personne et pour le nombre et d’autre part pour l’expression du temps (exploration de verbes réguliers et irréguliers).

14. Expression – récit sur images : « La chute dans la boue »

Evaluer l’expression spontanée de l’enfant sur base d’images.

COMPREHENSION

( lexique- morphosyntaxe)

16. Compréhension – lexique : désignation d’images

Evaluer la richesse du lexique passif.

13. Compréhension – mots abstraits :

différence – position ; questions posées à l’enfant

Evaluer la capacité à effectuer une opération logique (comparaison) et la compréhension des substantifs « différence » et « position ».

8. Compréhension- topologie et arithmétique :

canards – chats ; compréhension de consignes

Evaluer à la fois des capacités cognitives (l’orientation dans l’espace et les première opérations mathématiques) et une capacité verbale, la compréhension de termes abstraits (prépositions ou adverbes).

9. Compréhension – jetons A : arithmétique 2 compréhension de consignes

Evaluer le concept de quantité, avec comparaison («le même nombre, beaucoup, le moins, le plus »).

7. Compréhension – morphosyntaxe :

oppositions morphosyntaxiques

désignation d’images

Evaluer quelles marques morphologiques et quels types de structures syntaxiques sont décodées par l’enfant.

15. Compréhension de questions : épreuve sémantico-pragmatique

« Chute dans la boue »- questions posées à l’enfant

Evaluer la compréhension introduite soit par un pronom interrogatif, soit par un adverbe.

MEMOIRE

4. Mémoire auditive :

reproduction de structures rythmiques

Evaluer la capacité à décoder par voie auditive, puis à stocker et à rappeler (en utilisant le geste) une séquence sonore non-verbale.

3. Mémoire auditivo-verbale :

répétition de chiffres

Evaluer la mémoire séquentielle, auditivo-verbale, à court terme.

12. Mémoire verbale :

répétition de phrases

Evaluer le décodage auditivo-verbal en impliquant le facteur quantitatif (longueur de la phrase) ainsi que les difficultés lexicales et la complexité syntaxique.

CAPACITES COGNITIVES – OPERATIONS CONCRETES 

10.B Capacités cognitives – jetons B :

compréhension des consignes et des termes abstraits

Evaluer la compréhension de substantifs correspondant à des concepts abstraits ( nombre, couleur, forme, taille).

 

Pour chacun des sous-tests de la N-EEL, une note brute est obtenue. Celle-ci est utilisée soit pour être confrontée à la moyenne ou à l’écart-type, soit pour être transformée en « note standard » et permettre la réalisation d’un profil. Il apparaît donc que cette batterie, administrée dans son entièreté, permet une évaluation relativement complète du langage oral que ce soit sur le versant production comme sur le versant compréhension. Cependant, l’expérimentateur a l’avantage de pouvoir faire le choix de n’administrer que certains sous-tests qu’il juge utiles pour l’examen d’un cas particulier. Par ailleurs, le matériel est devenu plus attrayant et plus moderne, ce qui peut susciter un intérêt plus accru de la part de l’enfant.

 
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