Epreuve d'évaluation de la compétence en lecture Khomsi, (1990) Epreuve d'évaluation de la compétence en lecture. lecture de mots et compréhension. L.M.C.
Paris : Editions du Centre de Psychologie Appliquée.
Base théorique
Khomsi se base sur la théorie de Gough qui considère la lecture comme un modèle en étapes successives et indépendantes : reconnaissance visuelle du mot puis traduction des lettres en une représentation phonologique, ensuite traduction de l'information en un représentation conceptuelle et accès au sens, puis les règles syntaxiques et sémantiques interviennent pour enfin produire le mot.
L'épreuve d'identification de mots se base sur l'hypothèse de Jorm (1979) sur la dyslexie développementale. Selon lui, la difficulté fondamentale du dyslexique concerne le traitement du mot à un niveau inframorphologique. Khomsi souhaite pouvoir détecter les enfants qui se basent sur la forme globale des mots et de les distinguer des enfants qui utilisent une procédure d'analyse, phonologique et/ou phonographique.
Par contre, pour la tâche de compréhension, l'auteur ne se base pas sur un modèle théorique de compréhension.
Administration et analyse des résultats
Ce test se compose de deux parties : une épreuve d'identification de mots et une épreuve de compréhension en situation de lecture.
1) Identification de mots
L'enfant doit se prononcer quant à l'adéquation entre une image et une étiquette comportant un mot écrit. Les 25 items sont subdivisés en 3 catégories. Premièrement, les " Pseudo-Synonymes " sont des mots correctement orthographiés mais associés à un dessin représentant un élément de la même catégorie sémantique. Deuxièmement, les " Pseudo-logatomes écrits " se caractérisent par des substitutions de lettres (binyclette) ou des effacements de lettres ( voilie pour voilier). Enfin, il existe des mots prévisibles d'après l'image et correctement orthographiés.Les réponses sont classées dans différentes catégories :
- refus de réponse
- réponse adaptée et donc bonne représentation phonologique (c'est une bicyclette avec un C)
- réponse erronée, basée sur le décodage et donc mauvaise représentation phonologique
- réponse iconique : il identifie le mot sans traiter la substitution graphique. Il ne voit pas la faute (oui, c'est bicyclette)
- réponse contextuelle : l'enfant se fonde uniquement sur l'image et sur des indices globaux ou partiels. Il refuse d'adéquation entre le mot écrit et l'image (c'est pas pareil que vélo, ça ne comme pas pareil)
- fausses reconnaissances : l'enfant fait semblant de lire l'étiquette et répond en fonction de ce qu'il croit que l'adulte veut (oui c'est vélo qui est écrit)
2) Compréhension en lecture
Le test se compose de 20 planches de 4 images et de 20 énoncés : 6 énoncés à contenu morphosyntaxique ou propositionnel (il faut identifier les relations infra-propositionnelles pour choisir la bonne image), 7 énoncés métadiscursifs (il faut traiter le cadre discursif en plus du contenu sémantique), 7 énoncés narratifs (il faut traiter la suite temporelle et causale). L'enfant doit désigner l'image correspondant à l'énoncé. On calcule le nombre de réponses correctes à la 1ère passation puis à la seconde passation. L'écart entre les deux est ensuite analysé : autocorrections ? persévérations ? changements de désignation ?
Propriétés psychométriques
L'étalonnage pour la première épreuve a porté sur 274 enfants normalement scolarisés et sur 108 enfants en classe de perfectionnement. Les normes sont fournies par âge (de 3 à 14 ans) et par niveau pédagogique ( CE1, CE2, CM1).
L'épreuve de compréhension est étalonnée sur 267 enfants du cours préparatoire, 258 du cours élémentaire et 74 en classe de perfectionnement. Les normes sont établies pour l'âge (de 7 à 15 ans) et pour le niveau scolaire (CP et CE)
Critiques
OK :-bonne validité et sensibilité
KO :- ambiguïté dans la consigne pour l'identification de mots
- certains items posent problème dans les deux tâches
© UCL, PSP/CODE A. Bragard, C. Maillart & M.- A. Schelstraete, 2003