Dossier SBLU
Les listes limitatives de tests

Article paru dans les Cahiers de la SBLU (2003), n°14, 8-9.

 

Depuis le 1er juin 2003, la nouvelle nomenclature parue au moniteur belge le 23/05/2003 est d’application. Parmi les modifications apportées par cette nomenclature se trouve l’introduction d’une liste limitative de tests. En d’autres termes, un bilan logopédique devra comprendre a minima certains tests issus de la liste limitative.

 

Ces listes limitatives de tests1 en Belgique ont été conçues par des logopèdes, dans des groupes de travail. Des professionnels se sont donc regroupés bénévolement pour réfléchir et mettre à jour les outils utilisables pour les bilans logopédiques.  Cette démarche était nécessaire : les outils, comme les connaissances, évoluent sans cesse et l'on ne peut pas se contenter d'outils quantitatifs ayant des étalonnages trop anciens.

 

En Belgique, pour que des séances de logopédie soient remboursées, il faut que le patient présente un retard quantitativement suffisant (en années de retard, inférieur au percentile 3, etc.). Bien sûr, ce critère est arbitraire, discutable (nous connaissons tous des exemples d'enfants ayant besoin de prise en charge mais qui n'obtiennent pas le fameux seuil critique) mais il existe. Par conséquent, nous devons en tenir compte. On soulignera, par ailleurs que ce critère quantitatif est nécessaire mais pas suffisant et qu’il reste important de compléter les bilans par des analyses plus qualitatives.

 

Tous les outils quantitatifs sont, par définition, limités par leurs normes, leurs échantillons de référence. Or, ces outils vieillissent très mal. Le niveau de la population évolue constamment. Pour le langage écrit par exemple, les tests du célèbre tandem "Alouette-Vaney" ont été conçus en respectivement 1967 et 1961... Et donc, ils ont des normes vieilles de 35 à 40 ans ! Nous renvoyons les personnes intéressées à l’interview du psychométricien Jacques Grégoire. La plupart des outils quantitatifs utilisés en logopédie n'ont pas été remis à jour récemment mais ils ont été remplacés par d'autres qui sont repris dans les listes "limitatives".

 

On le voit, l'objectif n'a jamais été d'imposer un test unique, un bilan standard mais plutôt de sensibiliser les logopèdes à l'utilisation des outils quantitatifs actuellement les plus appropriés. Il s'agit donc, plus simplement, d'un dépoussiérage de certains outils quantitatifs qui malheureusement ont actuellement une validité discutable, simplement parce qu'ils sont trop vieux. Ce remarque n’exclut, bien entendu, pas la possibilité de les utiliser qualitativement.

 

La créativité et la liberté des logopèdes ne sont pas menacées par ce genre de démarche. Au contraire, le fait de mettre ensemble différents outils, dont certains sont moins connus, pourra permettre aux logopèdes d'en découvrir d'autres. Les choses évoluent vite et c'est particulièrement difficile de suivre toutes ces évolutions. Les listes doivent donc être vues comme des points de repères. Elles ne sont pas figées, elles devront évoluer, intégrer les nouveautés puis être dépoussiérées à leur tour...

 

Bien sûr, ces listes sont imparfaites, et sans doute incomplètes. Les groupes de travail ont peut-être oublié de mentionner "le" test qui vous semblait le plus intéressant ou au contraire, elles comprennent des instruments que vous avez décidez d'ignorer depuis longtemps car ils vous semblent peu utiles... Alors, faites-le nous savoir !

 

Les prochains Cahiers, prévu pour la rentrée scolaire 2003, comprendront un dossier spécial destiné à présenter de façon critique et détaillée les différents tests repris sur la liste limitative consacrée au langage écrit. Si vous avez envie de nous faire partager vos impressions sur ces tests, vos avis ou vos critiques… N’hésitez pas à nous envoyer vos réflexions.

 

 

Bon courage à tous pour ces changements et .... bonne découverte !

 

 

Pour le C.A. de la SBLU,

Christelle Maillart

 

Christelle Maillart & Martine Van Rompaey