K-ABC

The Kaufman Assessment Battery for Children

(adaptation française : Kaufman, A & Kaufman, N.L. (1993) Batterie pour l'examen psychologique de l'enfant. Paris : ECPA )

 La présentation de la batterie est extraite de Hanson, A. (1997) Le K-ABC : étude exploratoire et perspectives pédagogiques auprès d'une population d'enfants à audition déficiente. Master's thesis, Université catholique de Louvain.

 

Le K-ABC

Le K-ABC est une batterie composée de différents subtests et fournissant des notes standardisées dans différents domaines : les processus séquentiels, les processus simultanés, les processus mentaux composites et les connaissances. En outre, il existe une échelle non verbale. Le K-ABC couvre les âges de 2 ans 1/2 à 12 ans 1/2.

 

Base théorique

Kaufman et Kaufman s'inspirent de la dichotomie séquentiel/simultané pour le traitement de l'information. Cette dichotomie est inspirée par les travaux en psychologie cognitive et neuropsychologie de Luria.

Cette mise en évidence de deux styles distincts du traitement de l'information a plusieurs origines (Kaufman et Kaufman, 1993, 26-30):

1. les recherches expérimentales et théoriques des psychologues cognitivistes concernant le balayage visuel, l'attention, la perception, la détection, la mémoire, etc... ont validé cette distinction du traitement séquentiel/simultané.

2. les travaux d'analyse factorielle menés par Das ont validé le modèle neuropsychologique basé sur cette dichotomie et défin par Luria

3. les études menées sur des sujets ayant subi une section du corps calleux ou présentant une lésion cérébrale unilatérale ont mis en évidence des spécialisations fonctionnelles des hémisphères gauche et droit.

 

Administration et analyse des résultats

Les 16 subtests ne sont jamais administrés dans leur totalité. Le nombre minimum de subtests administrés s'élève à 7 (enfants de 7 ans 1/2) et le nombre maximum à 13 (enfants de 7 à 12 ans 1/2). Le temps de passation augmente avec l'âge. On transforme les scores obtenus en notes standards et d'échelle. Des tables fournies dans le manuel d'administration permettent d'établir ou non l'existence d'une différence significative entre les échelles et les subtests. En outre, elles fournissent des renseignements quant à l'âge de développement, le rang percentile général et socioculturel de l'enfant.

 

Propriétés psychométriques du K-ABC

 

Etalonnage :

1983 : 2000 enfants américains

1993 : version française : 1200 enfants.

 

Validité :

Pertinence théorique : la dichotomie séquentielle/simultanée n'est plus reprise actuellement par les auteurs et peut être contestée.

Validité conceptuelle : OK

Validité externe : corrélation élevée avec certains substests d'autres tests tels la WISC-R ou le Stanford

Fiabilité : bonnes notes

 

Etudes sur des groupes spécifiques

Enfants IMC : Etude de Barbot et al (1994) : sup des processus séquentiels > simultanés. Grande hétérogénéité des performances et grande difficulté dans le domaine spatial. Les chercheurs concluent en soulignant l'utilité du K-ABC avec des enfants IMC car ils ne sont pas trop pénalisés par le temps ou par des manipulations trop fines. Mais ils insistent sur la nécessité d'adjoindre une épreuve de raisonnement dégagée de tout facteur spatial afin d'éviter d'aboutir à une vue partielle et faussée de l'intelligence des enfants.

 

Enfants avec un traumatisme crânien. Etude de Donders (1992) : le K-ABC paraît moins sensible que la WISC-R aux dysfonctionnements ceérébraux présentés par la population.

 

Enfants présentant un retard mental. Etude de Hodapp et al. (1992) sur des enfants présentant un syndrome du X fragile, un syndrome de Down ou un retard mental non spécifié. Ces trois groupes témoignent d'un déficit généralisé au niveau de l'échelle séquentielle. On note cependant une hétérogénéité des résultats.

  •  
    Enfants présentant un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (A.D.D.H.) Etude de Carter et al (1990) qui met en évidence une grande faiblesse pour les processus séquentiels. Ces résultats sont obtenus avec des enfants présentant une grande distractibilité, ce qui peut faire penser que cette échelle est fortement sensible à ce facteur.

     

    Enfants présentant des difficultés sévères en lecture. Etude de Jumel (1994). On peut résumer les résultats selon deux axes : d'une part, de très mauvais scores dans les épreuves verbales, la mémoire déclarative et les processus séquentiels de l'autre, des performances normales, voire supérieures, dans le domaine non verbal et les processus simultanés.

     

    • Enfants présentant une déficience auditive. Etude de Courtney et al (cité par Douet, 1994) : supériorité des processus simultanés par rapport aux processus séquentiels. Etude de Douet (1994) : séquentiel < simultané (mais toujours inférieur à la moyenne) . La variable niveau de surdité est non significative par contre la réussite est fonction de la maîtrise du niveau d'expression (oral ou gestuelle). Etude de Hanson (1997) : séquentiel < simultané et échelle non verbale > échelle composite.

    Critiques

    + + +

    Test bien construit dont les qualités métrologiques et de diagnostiques sont indubitables (Grégoire, 1992, p.74)

    Corrélations importantes entre

    - le facteur Séquentiel (K-ABC) et le facteur Attention/Concentration (WISC-R)

    - le facteur Simultané (K-ABC) et le facteur Organisation Perceptive (WISC-R)

    - le facteur Acquisition/connaissance (K-ABC) et le facteur Compréhension verbale (WISC-R) (Grégoire, 1992, 76-77).

    L'échelle séquentielle serait idéale pour différencier les enfants dyslexiques des autres (Hooper et Hynd (1982), cités par Kaufman et al, 1993)

    Bon outil pour l'investigation de domaines tels que les fonctions visuo-spatiales, la mémoire ou les fonctions motrices

    Matériel attrayant

 

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Pertinence théorique contestée

 

Références :

Carter, B.D. Zelko, F.A.J., Oas, P.T. & Waltonen, S. (1990) A comparison of ADD/H children and clinical controls of the Kaufman Assessment Battery for Children (K-ABC). Journal of Psychoeducational Assessment, 8, 155-164.

Das, J.P. (1984) Simultaneous and successive processes and K-ABC. Journal of Special Education, 18, 3, 239-256.

de Barbot, F. & Pecquet, F. (1978) Le K-ABC est-il un instrument perinent pour l'évaluation intellectuelle des enfants I.M.C.? In Huteau, M. Les techniques psychologiques d'évaluation des personnes, 418-422, Issy-les-Moulineaux : Editions EAP.