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Dernière mise à jour:

7 septembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'index de handicap vocal ou V.H.I. (Voice Handicap Index).

Article paru dans les Cahiers de la SBLU (2003), n°14, 26-29

Dominique Morsomme. Docteur en logopédie

 

Cette échelle d'auto-évaluation a été mise au point par Jacobson et al (1997). Elle est née de la nécessité de quantifier l'aspect "invalidant" qu'un trouble vocal peut provoquer sur la qualité de vie, et de mesurer les conséquences psychosociales des troubles vocaux. L’objectif des auteurs est également de développer un échelle applicable à une grande variété de troubles vocaux. La version initiale comprenait 85 items, réduite dans une forme ultérieure à 30 items. Ces items sont groupés en trois catégories liées aux aspects fonctionnel, émotionnel et physique. L'échelle de cotation est établie sur 5 points (0-4). La dernière version a été éprouvée au test de reproductibilité sur 63 patients dont l'âge moyen est de 49 ans. Elle s'avère particulièrement robuste avec un degré de corrélation élevé (a=0.95.). Les items fonctionnels sont évalués avec une corrélation de r=0.84, les items émotionnels r=0.92, et les items physiques r= 0.86.

 

Pour compléter leurs observations, les auteurs ont corrélé les résultats au degré de sévérité global du désordre vocal. Les patients évaluaient la sévérité de leur trouble vocal sur une échelle de 0 à 3 (0 correspondant à la voix normale, 1 à la voix légèrement diminuée, 2 à la voix moyennement diminuée, 3 à la voix sévèrement diminuée). La corrélation est modérée (r=0.60).

 

Le protocole de passation de l’échelle se trouve aux pages 28 et 29. (télécharger le pdf)

 

Benninger et al (1998) corrèlent le V.H.I. au SF-36. Le SF-36 correspond à une mesure de la "qualité générale de la vie" présentée sous forme d'un questionnaire. Les auteurs mesurent 8 domaines de la santé communément modifiés par le trouble et son traitement : la fonction physique (les limites physiques dans l’exercice de la marche, de la baignade, des sports énergiques (par exemple le squash…), le rôle de la fonction physique (les difficultés rencontrées au travail, dans des tâches quotidiennes), la douleur corporelle (son intensité et les limites qu’elle provoque), la santé générale, la vitalité (le niveau d'énergie), le fonctionnement social (les interférences de l’état de santé sur des activités sociales), la santé mentale et la fonction émotionnelle (les difficultés rencontrées au quotidien résultant de problèmes émotionnels). La population étudiée comprend 260 adultes âgés de 18 à 90 ans, composée à 64.5% de femmes et appariée en fonction de leur trouble vocal. Ils comparent également ses résultats avec des résultats antérieurs rapportés au SF-36 sur des sujets normaux et des patients souffrant de sinusite chronique, d'angine, de sciatique, de défaillance cardiaque et de trouble pulmonaire chronique. Les troubles vocaux ont bien un impact significatif sur la qualité de vie des patients ; la fonction sociale et l'habileté à produire des tâches au quotidien sont plus affectées. La corrélation la plus haute se situe entre la fonction sociale du SF-36 et le score global du V.H.I. (p<0.001). Une corrélation significative est obtenue entre le domaine de la santé mentale (p<0.01), de la santé en général (p<0.01), celui du rôle de la fonction émotionnelle (p<0.017) et le score globale du V.H.I.. Les patients dysphoniques ont un niveau de fonctionnement physique inférieur à celui des patients souffrant de sinusites chroniques, (p<0.01), et subissent un plus grand handicap. La dysphonie entraîne également des niveaux de fonction sociale plus bas que l'angine (p<0.01), la sciatique (p<0.01) et un score de santé mentale plus bas que l'angine (p<0.01). Les auteurs trouvent des corrélations entre le SF-36 et le V.H.I. dans les domaines de la fonction sociale, de la santé mentale, et du rôle de la fonction émotionnelle.

 

Le V.H.I. a l’avantage de quantifier l’impact d’une variété de troubles vocaux sur la qualité de la vie. Sa fiabilité est élevée (0.95) ainsi que ses liens avec des échelles psychologiques. Son utilisation se répand et satisfait les cliniciens des laboratoires de recherche. Il enrichit l’anamnèse du patient qui canalise rapidement les difficultés rencontrées dans sa vie quotidienne et s’adapte bien aux réalités de la consultation phoniatrique.

 

Bibliographie

Benninger MS, Ahuja AS, Gardner G, Grywalski C. (1998). Assessing outcomes for dysphonic patients. J Voice, 12 : 540-550.

Jacobson BH, Johson A, Grywalski C, Silberglent A, Jacobson G, Benninger MS, Newman C. (1997). The voice handicap index (VHI): Development and validation. American J of Speech Pathology, 6: 66-70.

Note : Pour la cotation du V.H.I.: 0 correspond à jamais, 1 à presque jamais, 2 à parfois, 3 à presque toujours, 4 à toujours.