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Dernière mise à jour:

7 septembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Illustration du concept de ligne de base dans le cadre de la rééducation de deux adolescents dysorthographiques de surface

 Martine Van Rompaey

Article paru dans les Cahiers de la SBLU (2000), n°4, 10-11.

Indépendamment d'une bonne maîtrise des correspondances phono-graphémiques élémentaires, les adolescents dysorthographiques montrent souvent une insensibilité à certaines redondances orthographiques plus ou moins implicites. A titre d'exemple, la règle selon laquelle la plupart des noms féminins en [-te] s'écrit " -té " n'est pas maîtrisée, même pour des mots relativement fréquents. Afin de mettre en place une rééducation visant à l'automatisation de ce type de règles et d'en vérifier l'efficacité, la construction d'une ligne de base s'impose. Celle-ci permet d'une part de préciser l'état des connaissances orthographiques du patient et par là même les objectifs de rééducation à atteindre et donc les règles devant faire l'objet d'un entraînement spécifique.

 

Notre ligne de base évalue la maîtrise de 15 règles d'orthographe lexicale plus ou moins implicites. Pour une règle donnée, huit mots par condition ont été sélectionnés : quatre mots peu fréquents1 et quatre mots fréquents. A titre d'exemple, la règle des substantifs en [-e] comprend 32 mots répartis selon quatre conditions : les noms masculins en " -é ", les noms féminins en " -ée ", les noms masculins en " -ier " et les noms féminins en " -té ". La ligne de base compte au total 130 mots.

 

Afin de neutraliser le biais lié à l'instabilité des erreurs, les 130 mots sont dictés à deux reprises avec une semaine d'intervalle entre les deux passations. Pour qu'une règle soit considérée comme étant parfaitement maîtrisée, tous les mots de la règle doivent être corrects pour la séquence régulière testée, qu'ils soient fréquents ou peu fréquents. A titre d'exemple, " pappier " est considéré comme étant correct tandis que " liberter " ne l'est pas. Les règles non maîtrisées doivent alors faire l'objet d'un entraînement spécifique.

 

Dans le cadre de notre rééducation, les deux modes de ligne de base décrits dans l'article précédent ont été appliqués. D'une part, les différentes règles non maîtrisées ont été travaillées de manière successive. Dans ce cas, l'apprentissage d'une nouvelle règle suppose que la règle précédente soit suffisamment maîtrisée. D'autre part, il est important d'évaluer l'efficacité de la rééducation à plus long terme. Nous avons donc réévalué les sujets trois mois plus tard en interrompant au cours de ces trois mois la rééducation portant sur les règles d'orthographe implicites.

 

Cette rééducation de type " procédures " porte sur l'apprentissage de règles. Au terme de la rééducation, nous devons donc nous attendre à un effet de généralisation sur des mots non travaillés durant la prise en charge. Pour s'assurer de l'efficacité de la rééducation, il est donc indispensable de travailler des mots différents de la ligne de base. Dans le cadre d'une rééducation de type " items spécifiques ", les mots sont entraînés de manière isolée. Les mots irréguliers par exemple doivent faire l'objet d'un apprentissage type " items spécifiques " étant donné que l'orthographe de ceux-ci n'obéit pas à l'application d'une règle. L'amélioration attendue au terme de la rééducation se limite cette fois aux mots travaillés. La sélection du matériel de la ligne de base et de la rééducation dépend donc du type d'apprentissage.